RDC : « Silence qui interroge, parole qui divise ? » Tribune de Jonathan Longonda Mbula sur la réserve de l’Église
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Dans une tribune qui suscite déjà de nombreuses réactions, Jonathan Longonda Mbula, leader de jeunes à Kinshasa, s’interroge sur le silence de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo face aux récentes accusations formulées par le président rwandais Paul Kagame.
En effet, ce dernier a publiquement mis en cause l’ancien président congolais Joseph Kabila, l’accusant de liens avec la rébellion de l’AFC/M23.
Des propos que Jonathan Longonda Mbula qualifie de « gravité exceptionnelle », dans la mesure où ils touchent à la souveraineté, à la sécurité nationale et à la mémoire politique de la République démocratique du Congo.
Dans son analyse, Jonathan Longonda relève l’absence de réaction officielle de la CENCO, une posture qu’il juge en décalage avec les prises de position habituelles de l’Église catholique dans le débat public congolais.
« Ce silence contraste avec les interventions régulières et souvent critiques de l’Église à l’égard des institutions nationales », note-t-il, faisant notamment référence aux positions adoptées par le passé vis-à-vis du pouvoir en place dirigé par le président Félix Tshisekedi.
Jonathan Longonda Mbula s’interroge par ailleurs sur les motivations d’une telle réserve. Faut-il y voir une prudence diplomatique dans un contexte régional particulièrement tendu ? Une volonté d’éviter une escalade entre Kinshasa et Kigali ? Ou encore une forme de sélectivité dans l’engagement public de l’Église ?
Autant de questions qu’il soulève sans nécessairement y apporter de réponse tranchée, mais qui nourrissent un débat de plus en plus vif au sein de l’opinion nationale.
Pour lui, le rôle historique de l’Église catholique comme « conscience morale » de la nation impose une exigence de cohérence et de constance. Il estime que la crédibilité de cette institution repose avant tout sur sa capacité à tenir une ligne claire, indépendante des conjonctures politiques et des acteurs en présence.
« Le peuple congolais n’attend pas une parole orientée. Il attend une parole juste, courageuse et équilibrée », insiste-t-il.
En définitive, cette réflexion met en lumière une interrogation plus profonde sur la place et la responsabilité des institutions morales dans les moments de tension nationale. Entre devoir de réserve et exigence de vérité, l’Église est appelée à trouver un juste équilibre, au risque de voir son silence interprété comme une prise de position implicite.
Ainsi, au-delà du cas d’espèce, le débat soulevé par Jonathan Longonda Mbula renvoie à une attente collective : celle d’une parole publique crédible, constante et rassembleuse, capable d’éclairer sans attiser, de dénoncer sans diviser, et surtout de contribuer à la préservation de l’unité nationale dans un contexte régional fragile; car, en période d’incertitude, le silence peut apaiser… mais il peut aussi interroger.
La Rédaction
