23 janvier 2026

Greffiers de la RDC : entre espoir et ras-le-bol, le SYNAG sonne l’alarme pour 2026

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S’exprimant au nom du Comité Directeur du SYNAG et en son nom propre, le Président a formulé ses vœux les plus sincères à ses collègues pour l’année 2026, souhaitant « le bonheur, la prospérité, la paix, la bonne santé et la longévité ». Mais au-delà du protocole, le ton s’est rapidement fait plus engagé.

Une année 2025 difficile mais structurante

Le Président du SYNAG n’a pas occulté les difficultés ayant marqué l’année écoulée. « L’année 2025 n’a pas été une année rose. Elle a été marquée par de nombreuses promesses restées sans suite », a-t-il reconnu avec franchise. Malgré ce contexte peu favorable, il a salué les efforts consentis par l’équipe dirigeante du syndicat, qui a réussi à satisfaire à près de 80 % des exigences légales prévues par la loi régissant les syndicats en RDC.

Pour 2026, l’objectif est clair : « Dès le mois de janvier, mon équipe et moi-même ne ménagerons aucun effort afin de finaliser les 20 % restants, pour permettre au SYNAG d’agir pleinement et en toute légalité », a-t-il assuré.

Le combat des greffiers : un apostolat contre l’injustice

Qualifiant l’action syndicale de « véritable apostolat », Thierry Ndonda a rappelé que ce combat vise à mettre fin aux injustices sociales et professionnelles dont sont victimes de nombreux greffiers à travers le pays. Il a notamment évoqué l’ordonnance n°25/293 du 15 décembre 2025, qui confère au Ministre de la Justice la surveillance générale des agents administratifs judiciaires.

Pourtant, le constat demeure préoccupant : « Malheureusement, le constat demeure celui d’un abandon qui ne dit pas son nom », a-t-il déploré.

Le greffier, pilier silencieux de la justice

Dans son message, le Président du SYNAG a tenu à rappeler le rôle fondamental du greffier dans l’appareil judiciaire congolais. « Le greffier est un collaborateur indispensable du juge, garant du bon fonctionnement des juridictions, et non son contraire », a-t-il martelé.

Il a également dénoncé une injustice criante : « Plus de 70 % des greffiers en RDC ne sont ni mécanisés au salaire de base, ni bénéficiaires de primes permanentes », une situation dont les causes restent, selon lui, sans réponse à ce jour.

Un appel solennel au Ministre de la Justice

Face à cette réalité, le SYNAG interpelle respectueusement le Ministre d’État, Ministre de la Justice : « Ne nous laissez pas orphelins. Nous avons besoin de votre accompagnement pour obtenir des réponses concrètes à nos cris de détresse ».

Le ton se fait toutefois plus ferme quant à l’avenir : « Rien ne restera comme avant, car trop, c’est trop », prévient le Président, annonçant que, faute de changements significatifs d’ici le deuxième trimestre 2026, le syndicat se réservera le droit de saisir les plus hautes autorités de la République, y compris le Chef de l’État.

Espoir, travail et persévérance pour 2026

Dans une dimension à la fois morale et spirituelle, Thierry Ndonda a invité les greffiers à placer « l’amour du travail au cœur de leur engagement professionnel », rappelant que « tout travail mérite salaire ». Il a également félicité ses collègues pour l’amélioration observée en 2025, marquée par « moins de remarques négatives que les années précédentes ».

Enfin, s’inspirant du discours sur l’état de la Nation du Président de la République, il a conclu sur une note d’espérance : « Les ténèbres ne régneront pas toujours » (Ésaïe 8:23), exprimant sa conviction que l’année 2026 sera celle de la concrétisation des attentes des greffiers.

Un message fort, qui place désormais l’État congolais face à ses responsabilités, et les greffiers face à leur unité et à leur détermination.

Joël Diawa

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