30 avril 2026

RDC : Sur une chaise éjectable, les portes de la prison s’ouvrent davantage pour Constant Mutamba (Dossier de la Rédaction)

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Au Ministère de la justice et garde des sceaux, l’actualité reste toujours dominée par la question relative à la construction d’une maison d’arrêt à Kisangani où, le Ministre Constant Mutamba a signé un contrat de gré à gré avec la société ZION CONSTRUCTION Sarl pour un montant de plus 39 millions USD dont 19.900.000 USD ont déjà été transférés dans le compte de cette société.

Un contrat qui a été signé en toute ‘’opacité’’ et en ‘’violation’’ de toutes les normes en la matière à en croire plusieurs analystes, de quoi suscité l’attention des parlementaires.

Le Député National Willy Mishiki avait adressé une question orale avec débat au Ministre de la Justice et des deux collègues des Finances et du Budget. L’élu de Walikale attend de Mutamba d’expliquer l’urgence ayant concouru à la signature dudit contrat.

Grace à l’impeccable travail réalisé par la Cellule Nationale des Renseignements Financiers une tentative de détournement derrière ce contrat a été bloquée. La CENAREF a saisis 19.900.000USD déposé par le Ministère de la Justice au compte de ZION CONSTRUCTION un seul jour après son ouverture.

Cette révélation a permis à l’opinion de découvrir que l’origine de cette somme de 19.900.000USD n’était ni les comptes du trésor public, moins encore ceux du Ministère de la justice, mais plutôt ceux de Fonds Spécial de Réparation de l’Indemnisation aux Victimes des Activités Illicites de l’Ouganda en RDC. De quoi susciter la stupéfaction des élus de la Province de la Tshopo.

Une deuxième action de contrôle parlementaire vient d’être initiée contre Constant Mutamba. Son initiateur, le Député National Fontaine Mangala dénonce la gestion opaque des fonds destinés à l’indemnisation des victimes de la guerre de six jours.

« Le Président de la République est lui-même très engagé afin que la population de toute l’ancienne province Orientale puisse en bénéficier », explique Fontaine Mangala pour qui, « la gestion de ces fonds a malheureusement connu une situation que l’on peut qualifier de désastreuse ».

Fontaine Mangala renchérit par ailleurs que le Décret créant cet établissement n’est nullement ‘’respecté’’ par le Ministre de la Justice actuel :

« En arrivant, les fonds devraient directement entrer sur les comptes de FRIVAO, malheureusement, c’est le Ministère de la Justice qui gère ces fonds et transfère une partie au FRIVAO en violation de l’article 4 du Décret portant création de cet établissement », dénonce cet élu de Kisangani qui alerte en outre sur un présumé détournement de 51 millions USD issue de ces fonds orchestré par Constant Mutamba.

« Comme vous le savez, l’Ouganda envoie 65 millions USD par tranche. Malheureusement, dès que les fonds arrivent au Ministère de la Justice, le Ministre s’organise, s’octroie le pouvoir de retrancher… 17 millions USD et envoie 48 millions au FRIVAO, sur base de quel texte, personne n’en sait. L’Ouganda a déjà envoyé 3 tranches et ça fait 51 millions déjà retranchés par le Ministre qui se permet de signer des contrats…», a précisé ce Député National qui ne comprend pas que les fonds alloués à la République pour indemniser les victimes soient orientés à la construction d’une prison. « Je ne vois aucune relation entre la construction d’une prison et l’indemnisation des victimes. C’est incompréhensible de penser que la prison soit l’élément qui indemnise les victimes », a-t-il dénoncé.

« Le Ministre de la justice a même signé un contrat de réhabilitation de la centrale hydroélectrique de la Tshopo », a révélé Fontaine Mangala qui se demande en outre, « de quel droit le Ministre de la Justice s’organise jusqu’à la signature du contrat sans la participation du Ministre des Ressources Hydrauliques ? »

Aux dernières nouvelles, le Procureur Général près la Cour de Cassation a officiellement saisi le Président de l’Assemblée Nationale aux fins d’obtenir l’autorisation d’instruction contre le Ministre Constant Mutamba. La chambre basse du Parlement a mis en place une commission pour l’auditionner avant de l’autoriser l’ouverture d’une information judiciaire.

La Rédaction

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