22 janvier 2026

Lutte contre la traite des personnes en RDC : Les magistrats du Haut-Katanga formés sur les techniques d’investigation et de poursuite des trafiquants d’êtres humains.

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LUBUMBASHI
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Les magistrats entrain de suivre la formation sur
la traite des personnes

Cette formation qui s’est tenue sous les auspices du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) appuyé par le projet Action pour Répondre et Réduire l’Exploitation et la Traite des Etres humains, (ARRETE), implémenté par l’Association du Barreau Américain a été financé par l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID).

Durant trois jours, les magistrats du siège et du parquet ont appris des notions relatives ‘’aux généralités sur la traite des personnes, au cadre normatif et institutionnel, aux techniques d’investigations et de collecte des données ainsi que qu’aux mécanismes de référencement et de prise en charge des victimes de la traite des personnes en RDC’’.

Les magistrats entrain de suivre la formation sur
la traite des personnes

Cette formation a permis aux magistrats d’améliorer leurs connaissances sur les différentes formes de la traite, les indicateurs permettant de les identifier et les mécanismes de référencement des survivants (e)

« La qualité des matières dispensées a été très bonne et cala a enrichi ma connaissance sur la traite des personnes. Je confirme qu’après cette session de formation il y’aura des magistrats spécialisés sur la traite des personnes et nous pouvons aider l’Etat congolais dans la lutte contre ce crime notamment en vulgarisant aussi la loi car, c’est une matière complexe », a dit Carine Tulumba, Présidente du tribunal de grande instance de Kipushi qui a en outre promis de dupliquer cette formation dans son ressort.

Carine Tulumba dans la salle entrain de suivre l’atelier

« Je suis moi-même formatrice et j’aime les formations pour renchérir ma connaissance. En tant que Cheffe de juridiction je commencerais d’abord par le faire dans ma juridiction et surtout que j’ai sous ma direction sept tribunaux de paix et je vous rassure de le faire dans le plus bref délai », a-t-elle promis.

Rappelant les objectifs de cet atelier,  le Conseillé Principal de l’Association du Barreau américain a insisté sur la nécessité de vulgariser la Loi n° 22/067 modifiant et complétant le Décret du 30 janvier 1940 portant Code pénal congolais en matière de prévention et de la répression de la traite des personnes:

« L’objectif de cette formation se situe à trois niveaux : renforcer les capacités  des magistrats assis et debout du Haut-Katanga sur les notions de base de la traite des personnes; améliorer leurs connaissances sur les différentes formes de la traite, les indicateurs permettant de les identifier et les mécanismes de référencement des survivants (e) et vulgariser la loi n°22/067 criminalisant la traite des personnes en RDC auprès ces magistrats afin qu’ils y recourent effectivement pour poursuivre et juger les auteurs de la traite des personnes en RDC », a précisé le Docteur Fils-Lien Ely Thélot selon qui, le choix des magistrats se justifie par le fait que, « la poursuite et la condamnation des trafiquants dépendent principalement de leurs (magistrats ndlr) décisions. »

Fils-Lien Ely Thélot et Théodore Lystras Makonga
à la fin de l’atelier

« C’est une loi très peu appliquée depuis sa promulgation. La raison est que les acteurs de la chaîne pénale dans leur grande majorité ne connaissent pas encore l’existence et le contenu de cette loi. Voilà pourquoi il faut les former sur la traite et vulgariser la loi auprès d’eux, en commençant par les magistrats. Si les magistrats sont formés sur la traite des personnes et connaissent le contenu de la loi n°22/067 du 26 décembre 2022, ils seront mieux outillés pour bien dire le droit et aider les victimes de ce crime transnational organisé à avoir accès à la justice sur le territoire congolais », a renchéri le Docteur Thélot.

Pour la Coordination en charge de la Jeunesse, Lutte contre les Violences faites aux femmes et Traite des Personnes, cet atelier s’inscrit dans le cadre des activités menées par elle depuis le début de l’année en cours ; les activités qui, a en croire Patrick Bosenge, Chargé d’Etudes au sein de cette agence spécialisée du cabinet du Chef de l’Etat, sont basées sur « la Prévention, la protection des victimes et les témoins ainsi que sur la poursuite des trafiquants. »

Cette formation a été clôturée par Théodore Lytras Makonga, responsable de la formation au sein du Conseil Supérieur de la Magistrature. Ce dernier dit avoir beaucoup apprécié l’assiduité dont ont fait montre les participants à cet atelier.

«…Ils étaient assidus lors des travaux en groupe. Par ailleurs, ils vont s’organiser pour faire la restitution des connaissances apprises dans leurs juridictions et offices de parquets», a-t-il rassuré.

L’Association du Barreau Américain affirme cependant que, les activités du projet ARRETE vont continuer dans toutes les provinces où des cas de traite des personnes sont identifiés ce, en vue d’offrir une prise en charge holistique aux victimes. Après le Haut-Katanga, les provinces de Kinshasa, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Kasaï et du Kasaï-Oriental sont les prochaines destinations.

Joël Diawa

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