Sensibilisation et vulgarisation de la loi du 26 décembre 2022: Fils-Lien Ely Thelot présente aux acteurs judiciaires de la RDC les manifestations et indicateurs spécifiques de la traite des personnes
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La Présidence de la République à travers sa coordination en charge de la Jeunesse Lutte contre les Violences faites à la Femme et la Traite des Personnes, et ses partenaires dont l’Organisation Internationale pour les Migrations, Tag International et le gouvernement américain à travers l’USAID a lancé le lundi 11 septembre, un atelier de vulgarisation et sensibilisation sur la loi n° 22/067 du 26 décembre 2022 modifiant et complétant le Décret du 30 janvier 1940 portant Code pénal congolais en matière de prévention et de la répression de la traite des personnes.
Cet atelier organisé à l’intention des acteurs judiciaires a été animé par plusieurs experts dont, le Docteur Fils-Lien Ely Thelot. Le conseiller technique de l’Organisation Internationale pour les Migrations a dans son module, abordé la question relative à « La traite des personnes : dimension, manifestations et indicateurs spécifiques.
Dans la première partie de son exposé, Le docteur Ely Thelot a expliqué l’ampleur et l’histoire de la traite des personnes dans le contexte international. A l’en croire, la traite des personnes est au même moment une grosse affaire et un fléau mondial.
Une grosse affaire car son chiffre d’affaire est estimé à « 32 milliards $ » avec un bénéfice illicite du travail forcé de « 150 milliards $ », et un fléau car, étant « la deuxième forme de trafic la plus rependue au monde après la drogue avec 50 millions des victimes ».
Dans la deuxième parti, il a présenté les figures de la traite des personnes dans le contexte congolais de vulnérabilité qui sont entre autre « la mendicité forcée, l’enrôlement des enfants dans des groupes armés en RDC, l’esclavage moderne ou le travail forcé, la servitude domestique, l’exploitation de la prostitution d’autrui, les réseaux de proxénétisme et exploitation sexuelle, le mariage forcé, l’adoption international aux fins d’exploitation ».
Dans la troisième partie, il a présenté les indicateurs de la traite des personnes.
L’OIM accompagne la République Démocratique du Congo dans la lutte contre la traite des personnes depuis maintenant plus trois ans. Pour son conseiller technique, le pays a fait des avancées significatives enregistrées sur le plan international :
« L’Etat congolais peut être satisfait des résultats obtenus jusque-là. Il y a de cela trois ans, la RDC était classée en tiers trois, aujourd’hui, elle est classée en tiers deux. A l’échelle internationale, c’est un acquis extraordinaire qui mérite le satisfecit du Chef de l’Etat qui dès son arrivé en 2019, en mis en place une structure dédiée à la lutte contre la traite des personnes, a mis en place, les mécanismes de référencement des victimes et l’OIM a toujours était là pour accompagner cet effort. En plus de cela, en décembre 2022, le Président a promulgué une loi spécifique qui criminalise la traite des personnes en RDC. Sur base de cette loi, plusieurs cas des condamnations, des procès ont été initiés ; et avec cette loi, on peut condamner des bourreaux qui s’adonnent à la traite des personnes », a confié le docteur Fils-Lien Ely Thelot.
La promulgation de cette loi avait été un grand coup réalisé par la République Démocratique du Congo, mais sa vulgarisation en est un autre défi. D’où cet atelier :
« La Justice n’est pas simplement une question d’avoir les lois nécessaires ; ce qu’il faut c’est, appuyer ces mots par des moyens… à quoi sert d’avoir une loi si les acteurs les mieux placées pour la faire mettre en application ne la connaissent pas ? Si les avocats, les magistrats du siège et du parquet ne connaissent pas cette loi, comment pouvons-nous faire pour condamner les bourreaux. Voilà pourquoi aujourd’hui, nous faisons l’atelier au tour de la loi, pour la faire connaitre en suite, pour leur faire comprendre la nécessité d’appliquer cette loi quand il y a des cas. Parce que quand on ne sait pas ce que c’est la traite des personnes, magistrat ou avocat qu’on soit, on peut être devant un cas, sans savoir ce que c’est et ne pas pouvoir prononcer la sentence qu’il faut », a-t-il conclu.
Notons par ailleurs que les statistiques des décisions judiciaires en RDC sont faibles en dépit des efforts consentis par les autorités politiques pour combattre la traite des personnes sur l’ensemble du territoire national.
Joël Diawa
